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COVID-19 – Une aide supplémentaire nécessaire pour les entreprises

25 mars 2020

Mercredi 25 mars 2020, l’association artos a envoyé un courrier aux Conseiller-ère-s fédéraux-ales pour les alerter sur l’extrême précarité à laquelle font actuellement face les entreprises de prestations techniques. 

Formant un maillon essentiel au monde de la création et à la diffusion culturelle en Suisse, ces entreprises sont indispensables à la tenue des nombreux évènements culturels, sportifs ou privés tenus chaque année dans le pays. De plus, elles sont responsables de la formation des futurs professionnels de la technique de scène, par le biais de l’apprentissage de Techniscéniste CFC. 

Bien qu’artos salue toutes les mesures mises en place pour aider le milieu culturel et évènementiel, ces dernières sont pour le moment insuffisantes pour assurer un avenir à moyen terme aux entreprises de ce secteur.
Depuis le 28 février 2020, et jusqu’à l’été, voir au-delà, ces PME voient leurs engagements, et par conséquent leur chiffre d’affaire, réduit de 100%.

Afin que ces entreprises puissent surmonter la crise, il est demandé:

  1. La mise en place d’un fonds d’indemnisation étendu aux entreprises de l’évènementiel qui compenserait la perte de chiffre d’affaires. Le calcul de l’indemnisation devrait se faire sur le chiffre d’affaire des 3 dernières années, déduit des charges de personnel (qui peut être soutenu par les mesures de RHT).
    Cela éviterait aux entreprises de s’endetter lourdement en raison d’un problème qui n’est pas de leur fait, et ainsi de revenir à une activité́ saine plutôt que de rembourser des crédits. Cette solution préservera au mieux le maillage économique et dynamique de ces entreprises.

  2. Ce fond d’indemnisation doit permettre aux entreprises d’être indemnisées sur l’entier du manque à gagner. Les entreprises préparent un évènement des mois, parfois même plus d’une année en avance. L’arrêt subit de leurs activités n’a pas un impact unique sur les quelques mois de mesures de confinement, mais l’impact se répercute bel et bien sur une année entière de travail pour laquelle aucune entrée d’argent n’existe. Souvent, ces entreprises travaillent toute une année pour quelques évènements, l’argent ne peut entrer que lorsque l’évènement a lieu. 

  3. Un soutien rétroactif de la RHT dès le 28 février 2020 car les entreprises du secteur ont été́ touchées de plein fouet, dès le 1er jour d’annonce d’annulation des manifestations de plus de 1000 personnes.

  4. La RHT doit être ouverte non seulement aux CDD actuellement engagés, mais également aux CDD prévus dans les mois à venir. En effet, notre secteur emploie une grande quantité́ de personnes, dites FREELANCE, qui cumulent les CDD de très courtes périodes, dans diverses entreprises de prestation. Le cumul de leurs contrats leur permet de travailler, en temps normal, à des taux allant jusqu’à 100%.

  5. Une adaptation des formulaires de demande d’indemnisation ainsi que le calcul d’indemnité aux spécificités de notre milieu, où le travail peut s’apparenter à du travail saisonnier.

  6. Une augmentation du plafond de 3'320 frs fixé comme revenu déterminant pour établir le droit à la RHT des personnes qui exercent une fonction dirigeante.
    Le montant devrait au minimum atteindre le montant que peuvent percevoir les indépendants (165frs * 30 jours) et au mieux, le plafond ordinaire prévu par la LACi, d’autant plus que ces ont cotisé sur l’entier de leur salaire.

  7. Un soutien administratif et financier afin d’assurer la poursuite de la formation des apprentis. Bon nombre de PME actives dans la technique de spectacle sont des entreprises formatrices. Sans aide, aucune entreprise ne pourra assumer l’engagement de nouveaux apprentis en septembre et ne pourront pas non plus continuer à former leurs apprentis actuels.